Agent IA Analytics : les leçons de Malt pour fiabiliser ses données

Malt vise 90 % de fiabilité pour son agent IA Analytics. Voici ce que ça signifie vraiment, et comment une PME sans équipe data peut s'en inspirer.

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Agent IA Analytics : les leçons de Malt pour fiabiliser ses données

En bref

Malt annonce environ 90 % de bonnes réponses pour son agent IA Analytics. La leçon n'est pas ce score isolé, mais la méthode : limiter les indicateurs accessibles, définir les métriques, clarifier les questions et contrôler les erreurs. Une PME peut reprendre ces principes sans copier toute l'architecture technique de Malt.

  • Les 90 % annoncés par Malt ne constituent pas une garantie transférable à une autre entreprise.
  • La qualité des définitions métiers et la limitation du périmètre comptent autant que le modèle IA.
  • Tester un agent Analytics exige des réponses de référence et une analyse de la gravité des erreurs.

Un agent IA capable de répondre à des questions sur les chiffres de votre entreprise, en langage naturel : sur le papier, difficile de faire plus séduisant. Mais que se passe-t-il lorsqu'il donne une réponse parfaitement convaincante… et complètement fausse ?

C'est précisément la difficulté rencontrée par Malt.

Dans un épisode du podcast DataGen publié le 28 septembre 2026, Gautier Chenard, Data Analytics Director chez Malt, revient sur la construction de MaltyAI, un agent conversationnel dédié à l'analyse de données.

Après un premier essai peu concluant, l'équipe annonce avoir atteint environ 90 % de bonnes réponses.

Ce qui m'intéresse dans ce retour d'expérience n'est pas tant le chiffre que les décisions techniques et organisationnelles prises pour améliorer les résultats.

Et il y a quelques enseignements à en tirer, y compris lorsqu'on ne dispose pas de l'équipe data de Malt.

Pourquoi un agent IA peut-il se tromper sur vos données ?

Imaginez que vous demandiez à votre agent :

« Quel est notre chiffre d'affaires sur les nouveaux clients ce trimestre ? »

Une question simple en apparence.

Sauf que votre CRM peut contenir plusieurs notions de chiffre d'affaires : commandes signées, montants facturés, opportunités gagnées ou contrats en cours.

Même problème avec les nouveaux clients. Parle-t-on d'une première commande, d'un nouveau compte CRM ou d'un client sans activité depuis deux ans ?

Un modèle de langage peut générer une requête techniquement valide tout en sélectionnant le mauvais indicateur.

Et c'est parfois le plus dangereux : une réponse fausse, mais suffisamment plausible pour ne pas attirer l'attention.

C'est ce qui ressort du premier prototype développé chez Malt. L'agent traduisait les questions en requêtes SQL, les exécutait puis renvoyait les résultats. Les réponses pouvaient être erronées et varier lorsqu'une même question était répétée.

Le problème n'était donc pas uniquement de mieux formuler les demandes.

Comment Malt a amélioré son agent Analytics

Le retour d'expérience présenté par DataGen met en évidence quatre changements.

Limiter les données et les indicateurs accessibles

Plutôt que de laisser l'agent interroger librement les bases de données, Malt l'a connecté à sa couche de métriques existante dans Looker, notamment via MCP (Model Context Protocol).

Une couche sémantique définit et organise les indicateurs métier, leurs règles de calcul et certaines relations entre les données.

L'agent n'a donc plus à décider seul de ce que signifie un indicateur déjà défini.

L'enjeu : réduire le nombre d'interprétations possibles avant même que l'IA ne construise sa réponse.

Pour autant, utiliser une couche sémantique ne garantit pas une réponse juste. Encore faut-il que ses définitions soient fiables, à jour et correctement exploitées.

Apprendre à l'agent à demander des précisions

Un bon analyste ne répond pas toujours immédiatement.

Face à une demande ambiguë, il commence parfois par demander : « Quel périmètre ? Quelle période ? Quelle définition ? »

Malt a cherché à reproduire ce comportement.

C'est une évolution intéressante. On juge souvent un assistant IA sur sa vitesse de réponse. Dans l'analyse de données, sa capacité à reconnaître une ambiguïté peut être tout aussi importante.

Intégrer l'agent aux outils déjà utilisés

Le premier prototype disposait de sa propre interface conversationnelle.

Malt a ensuite rendu l'agent accessible dans Slack et relié ses résultats à Looker.

L'utilisateur peut ainsi poser une question dans son environnement habituel, consulter un graphique, approfondir une analyse et partager les résultats.

Ce changement ne concerne pas directement la justesse des calculs. Il répond à un autre problème : l'adoption.

Un outil techniquement intéressant, mais absent des habitudes de travail, risque de rester peu utilisé.

Observer les réponses et analyser les erreurs

L'évaluation représente une difficulté particulière avec les modèles de langage : deux demandes proches ne produisent pas nécessairement la même réponse.

Chez Malt, les retours des utilisateurs et l'analyse des conversations permettent de repérer les problèmes et de faire évoluer le dispositif.

Le taux de 90 % rapporté dans le podcast constitue un résultat annoncé pour ce cas d'usage. Les éléments publiquement consultables ne suffisent pas à reconstituer entièrement son protocole de mesure.

Il serait donc trompeur d'en déduire qu'un agent construit avec les mêmes outils atteindra automatiquement cette performance.

Ce qu'une PME peut réellement reprendre de Malt

Soyons clairs : une PME n'a pas nécessairement besoin de Looker, de Slack, d'un serveur MCP ou d'un agent développé sur mesure.

En revanche, elle peut reprendre une méthode de conception.

Principe observé chez Malt

Application possible dans une PME

Définir les indicateurs

Documenter précisément les KPI utilisés dans le reporting

Réduire le périmètre

Commencer par un processus métier et quelques données fiables

Clarifier les questions

Faire préciser les périodes, segments et définitions ambiguës

Intégrer les usages

Utiliser les outils déjà présents lorsque leur architecture le permet

Analyser les erreurs

Comparer les réponses de l'agent à une référence validée

Exemple : interroger ses données commerciales

Prenons une entreprise qui suit son activité dans un CRM et un tableau de bord Power BI.

Elle souhaite demander en langage naturel :

« Combien de nouveaux clients avons-nous gagnés ce trimestre, et quels commerciaux ont contribué à ces résultats ? »

Avant de connecter un agent, plusieurs questions méritent d'être tranchées :

  • Qu'appelle-t-on un nouveau client ?

  • Quelle date détermine le trimestre : signature, commande ou facturation ?

  • Comment rattache-t-on un client à un commercial ?

  • Les données CRM sont-elles suffisamment fiables et à jour ?

  • L'utilisateur a-t-il le droit de consulter tous les comptes et tous les résultats ?

Ces questions relèvent d'abord de la gouvernance des données, pas du prompt engineering.

Si ces règles sont définies, on peut ensuite tester les réponses de l'agent sur un périmètre limité.

Le rôle de l'IA est d'exploiter les définitions métier, pas de les inventer à chaque question.

Comment tester la fiabilité d'un agent IA sur ses KPI

Je recommande de commencer avec une démarche limitée, plutôt que de brancher immédiatement un agent sur tout le système d'information.

Étape 1, Choisir un usage précis

Par exemple, répondre aux questions récurrentes sur le chiffre d'affaires mensuel, les opportunités gagnées ou les inscriptions à un événement.

Étape 2, Constituer un jeu de questions de référence

Préparer des questions représentatives : cas simples, filtres multiples, périodes incomplètes, formulations ambiguës et demandes qui doivent être refusées.

Étape 3, Définir les réponses attendues

Faire valider les résultats par les personnes qui maîtrisent les données et les règles de calcul.

Étape 4, Tester et qualifier les erreurs

Il ne suffit pas de compter les bonnes réponses. Il faut distinguer une mauvaise valeur, un filtre incorrect, une définition ambiguë, une absence de réponse et une fuite potentielle d'informations.

Étape 5, Mesurer avant d'élargir

Suivre la justesse sur les questions testées, les erreurs critiques, les demandes de clarification et le temps de vérification.

Ne généraliser que lorsque les résultats sont jugés acceptables pour l'usage prévu.

90 % de bonnes réponses : suffisant ou non ?

Cela dépend de la nature des erreurs.

Sur un jeu de 100 questions, 90 réponses justes signifient que 10 n'ont pas satisfait le critère retenu. Mais ces 10 erreurs peuvent être mineures ou modifier complètement une décision.

Une confusion de libellé dans un graphique interne n'a pas les mêmes conséquences qu'un chiffre d'affaires incorrect présenté en comité de direction.

La question n'est donc pas seulement « combien de réponses sont correctes ? », mais aussi « quelles erreurs sommes-nous prêts à tolérer ? »

Et la confidentialité des données ?

La fiabilité ne se limite pas à l'exactitude des calculs.

Un agent relié aux données commerciales, RH ou financières doit respecter les droits d'accès et le cadre de traitement applicable.

L'hébergement en Europe peut faire partie des critères de sélection, sans constituer à lui seul une garantie de confidentialité ou de conformité au RGPD.

Il faut notamment examiner les accès des prestataires, les transferts éventuels, les conditions contractuelles, la conservation des données et la traçabilité des opérations.

Un agent qui calcule parfaitement un indicateur mais le communique à une personne non autorisée n'est pas un système fiable.

Ce que je retiens du cas Malt

Le retour d'expérience de Malt illustre une idée que je défends dans les projets data : avant de rendre les données accessibles par l'IA, encore faut-il savoir ce qu'elles signifient.

Les modèles peuvent faciliter l'accès à l'information. Ils ne remplacent ni une définition cohérente des indicateurs, ni la qualité des données, ni la vérification des résultats.

Et dans certains cas, la bonne solution n'est peut-être même pas un agent IA.

Un tableau de bord bien construit, quelques mesures documentées et un dispositif de questions-réponses classique peuvent suffire.

L'objectif n'est pas de mettre un agent partout. C'est de faciliter l'accès à une information fiable, au bon moment et pour les bonnes personnes.

Et si le véritable enjeu était de savoir conduire un projet IA ?

Le cas Malt illustre une réalité souvent sous-estimée : maîtriser les outils d'IA ne suffit pas à réussir leur intégration dans une activité.

Il faut savoir identifier les bons usages, définir un périmètre, choisir les solutions adaptées, accompagner leur mise en œuvre et, surtout, mesurer les résultats.

C'est toute la différence entre expérimenter l'IA et savoir conduire un projet IA.

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FAQ

Qu'est-ce qu'un agent IA Analytics ?

Un assistant utilisant l'intelligence artificielle pour interpréter des questions en langage naturel et interroger des données structurées afin de produire des réponses, des analyses ou des visualisations.

Pourquoi un agent IA peut-il donner de mauvais chiffres ?

Il peut mal interpréter une question, choisir un indicateur inadapté, appliquer un filtre incorrect ou travailler à partir de données erronées. La qualité des réponses dépend de l'ensemble du dispositif.

Une couche sémantique améliore-t-elle la fiabilité des agents IA ?

Elle peut réduire certaines ambiguïtés en définissant les indicateurs métier et leurs règles de calcul. Elle ne supprime toutefois pas toutes les erreurs possibles.

Comment mesurer la fiabilité d'un agent IA ?

En constituant un ensemble de questions représentatives, en définissant des réponses de référence et en évaluant les réponses produites, y compris la gravité des erreurs et leur évolution dans le temps.

Faut-il une équipe data pour créer un agent Analytics ?

Pas nécessairement pour expérimenter un cas d'usage simple. En revanche, il faut disposer de données compréhensibles, d'indicateurs définis et de personnes capables de vérifier les résultats.

IA, Data Marketing, Agents IA

Questions fréquentes

Pourquoi l'agent IA Analytics de Malt donnait-il parfois de mauvaises réponses ?

Le premier prototype traduisait les questions en requêtes SQL librement, sans définitions communes des indicateurs. Résultat : des notions comme le chiffre d'affaires ou les nouveaux clients pouvaient être interprétées différemment, produisant des réponses plausibles mais fausses, parfois variables pour une même question.

Quels changements Malt a-t-il apportés pour améliorer son agent MaltyAI ?

Malt a connecté l'agent à sa couche sémantique existante dans Looker via MCP pour limiter les indicateurs accessibles, appris à l'agent à demander des précisions en cas d'ambiguïté, intégré l'outil dans Slack et Looker pour favoriser l'adoption, et mis en place une analyse continue des erreurs à partir des retours utilisateurs.

Que signifie réellement le taux de 90 % de bonnes réponses atteint par Malt ?

Ce chiffre correspond à un résultat annoncé pour un cas d'usage précis, sans que le protocole de mesure complet soit public. Il ne garantit donc pas qu'un autre agent construit avec les mêmes outils obtiendrait automatiquement cette performance, et 10 erreurs sur 100 réponses peuvent avoir des conséquences très variables selon leur gravité.

Une PME sans équipe data peut-elle créer un agent IA Analytics fiable ?

Oui, en reprenant la méthode plutôt que les outils de Malt : documenter précisément les KPI, limiter le périmètre à un processus métier avec des données fiables, clarifier les questions ambiguës, utiliser les outils déjà en place et comparer systématiquement les réponses de l'agent à une référence validée.

Comment tester la fiabilité d'un agent IA avant de le déployer largement ?

Il faut choisir un usage précis, constituer un jeu de questions représentatives (cas simples, filtres multiples, formulations ambiguës), faire valider les réponses attendues par des experts métier, qualifier la nature des erreurs obtenues, puis mesurer la justesse et les erreurs critiques avant d'élargir le périmètre.

Quels sont les risques de confidentialité liés à un agent IA Analytics ?

Un agent connecté aux données commerciales, RH ou financières doit respecter les droits d'accès et le cadre réglementaire applicable, l'hébergement en Europe ne suffisant pas à garantir la conformité RGPD. Il faut vérifier les accès des prestataires, les transferts de données, les conditions contractuelles et la traçabilité, car un calcul juste communiqué à une personne non autorisée reste un système non fiable.